Sibylle Rauch naît le 22 octobre 1960 à Munich, en Allemagne de l'Ouest. Son enfance se déroule dans un foyer modeste, loin des projecteurs. Avant d'entrer dans l'industrie du cinéma pour adultes, elle exerce divers métiers alimentaires, notamment vendeuse dans un magasin de disques et employée de bureau. Ces premières expériences professionnelles lui offrent une indépendance financière, mais aussi une routine qu'elle juge trop monotone pour son tempérament libre.
Au début des années 1980, alors qu'elle vient de fêter ses vingt ans, Sibylle Rauch répond à une annonce dans un magazine munichois. Un producteur local cherche des actrices pour des films érotiques destinés au marché européen. Séduite par l'idée de voyager et de gagner rapidement de l'argent, elle accepte un premier tournage. Ce rôle marque le début d'une carrière qui durera une dizaine d'années. Contrairement à certaines de ses collègues, elle aborde cette activité avec un pragmatisme affirmé : pour elle, il s'agit d'abord d'un contrat de travail.
Sibylle Rauch tourne principalement en Allemagne et en Italie, mais ses films sont distribués bien au-delà des frontières. Elle utilise plusieurs noms de scène — Sibylle Rauch, Sybille Rauch, Sibylle Lauber — afin de segmenter ses contrats et d'éviter des complications juridiques. Dans les années 1980, elle collabore avec des réalisateurs italiens comme Mario Bianchi et avec des studios français spécialisés dans le cinéma pornographique léger. Sa filmographie compte une quarantaine de longs métrages, dont certains mélangent érotisme et comédie, typiques du genre « sexy comedy » italien.
Parallèlement à sa carrière X, Sibylle Rauch tente des incursions dans le cinéma grand public. Elle apparaît dans des seconds rôles pour des films allemands de série B et des séries télévisées, souvent sous le nom de Sybille Rauch. Par exemple, on la voit dans un épisode de la populaire série policière « Derrick » en 1987, où elle interprète une secrétaire. Ces passages lui permettent de maintenir une certaine normalité sociale, loin de l'étiquette exclusive d'actrice pornographique. Cependant, les propositions restent marginales et ne débouchent pas sur une véritable reconversion.
Au début des années 1990, Sibylle Rauch décide de mettre un terme à sa carrière dans l'industrie pour adultes. Les raisons sont multiples : l'usure physique, l'évolution du marché vers des productions plus dures qu'elle refuse de tourner, et une envie de stabilité. Elle se retire de la vie publique et retourne vivre dans la région de Munich. D'après des entretiens accordés à des magazines allemands spécialisés, elle travaille ensuite comme assistante administrative dans une petite entreprise de logistique. Elle garde un souvenir neutre de ses années de tournage, sans nostalgie ni regret affiché.
Contrairement à beaucoup de ses contemporaines, Sibylle Rauch a toujours protégé sa vie privée. Elle n'a jamais publié de mémoires ni donné d'interviews détaillées sur sa vie sentimentale. On sait qu'elle a été mariée brièvement à un cadre allemand rencontré après son retrait du cinéma, mais le mariage s'est soldé par un divorce. Depuis les années 2000, elle vit en périphérie de Munich et refuse toute sollicitation médiatique. Les rares photos d'elle à cette époque la montrent vieillie mais apaisée, loin de l'image glamour de ses débuts.
Aujourd'hui, Sibylle Rauch est considérée comme une figure mineure mais représentative du cinéma érotique ouest-allemand des années 1980. Les collectionneurs et les sites spécialisés conservent sa filmographie, souvent associée à celle d'autres actrices germaniques comme Désirée Cousteau ou Ursula Buchfellner. Son nom refait occasionnellement surface dans des forums de nostalgiques, mais elle-même n'a jamais cherché à capitaliser sur son passé. Cette discrétion radicale constitue peut-être le choix le plus cohérent de sa carrière.